Dans la peau d’un pilote de chasse : quels enseignements pour les RH ?

Webinar août 31, 2021

Workelo a eu l’honneur de recevoir Pierre-Henri Chuet, Pilote de chasse et athlète de haut niveau pour un webinar exceptionnel à destination des RH.

Mais pourquoi un pilote de chasse vient nous parler de RH ?

Pierre-Henri a été formé par la Marine américaine et a développé, au cours de ses expériences, une expertise particulière en leadership, gestion du stress et en communication. Autant de compétences indispensables dans le monde des RH, tout particulièrement dans le contexte actuel.

>Découvrir ce webinar d'exception avec Pierre-Henri Chuet

L’Onboarding comme une étape incontournable

L’onboarding résonne comme un terme familier dans le milieu de l’aviation. Mais au-delà de l’onboarding des passagers, l’intégration professionnelle est plus qu’omniprésente pour un pilote de chasse ou un pilote de ligne. L’intégration d’une nouvelle recrue correspond à la prise de connaissance de son nouvel environnement, la formation, la création d’un effet de cohorte, mais aussi la montée en compétence.

Dans le milieu militaire, être pilote de chasse engendre de grandes responsabilités et la phase d’onboarding reste un ultime test où chacun doit donner la meilleure version de soi-même, tout en créant une équipe.

“On cherche des personnes qui créent de la valeur au quotidien.” - Pierre-Henri Chuet

Créer de la valeur au quotidien. Le pilote de chasse doit toujours se positionner au-dessus du standard de compétences afin de savoir faire face à des situations compliquées et inédites. Dès l’onboarding et tout au long de sa carrière, il doit monter en compétence rapidement et continuellement.

Comme dans le milieu civil, le travail se fait en équipe et notamment en binôme. L’armée met en place un système de parrain, afin d’accompagner les plus jeunes. La formation est en continu et en perpétuel renouvellement. Accompagnement et coaching sont au cœur des relations militaires, afin de pouvoir élever le niveau professionnel de chacun.  

“On est en permanence dans le renouvellement du potentiel humain.” - Pierre-Henri Chuet

Gérer son stress pour le rendre bénéfique

Alors que le préjugé laisserait à penser qu’avant de décoller le pilote de ligne n’est pas stressé, la réalité est que l’équipe est anxieuse avant le départ. Et en fait, c’est positif.

L’anxiété n’est pas vue comme une mauvaise chose dans ce métier, puisqu’elle permet de ne pas se laisser surprendre et de se préparer en cas d’un événement stressant. L’anxiété est l’anticipation d’une menace future.

“L’anxiété et le stress sont indispensables à la performance. Il faut savoir le maîtriser, et tout est justement dans cette maîtrise et dans le bon ratio au quotidien de manière à créer de la valeur avec son stress.” - Pierre-Henri Chuet

Stress et anxiété étant différents, il est important d’éviter le stress en compartimentant les événements. L’objectif est de rester concentré sur ses missions et ne pas se laisser envahir par des événements tiers. Pour cela, Pierre-Henri Chuet compartimente les événements de manière consciente et volontaire afin de mettre de côté et de classifier son stress.

Une bonne leçon d’enseignement dans le milieu civil, afin de trouver le bon équilibre entre stimulation et maîtrise.


Méthodologie d'une communication à distance

Lors d’un vol, qu’il soit militaire ou de ligne, la communication entre les différents acteurs est primordiale, d’autant plus qu’elle se fait souvent à distance.

La communication est méthodique et elle s’effectue en suivant un processus précis :

  • Aviate : Piloter son avion
  • Navigate : S’assurer qu’il prend la bonne direction
  • Communicate : Disponibilité mentale pour échanger avec son copilote, les hôtesses et les contrôleurs aériens

L’intérêt de ne pas mélanger l’ordre des étapes pour des raisons de sécurité, mais aussi pour ne pas transmettre les mauvaises informations, ce qui pourrait altérer la confiance que vos collègues vous portent.

D’un point de vue RH, cela se traduit par :

  • Aviate : être opérationnel d’un point de vue psychique et physique dans de bonnes conditions de travail.
  • Navigate : être en accord avec ses objectifs et travailler dans la bonne direction en suivant son fil rouge.
  • Communicate : communiquer avec les équipes de manière claire et pertinente.

Encore plus vrai à distance, les informations transmises doivent être claires, concises et être comprises par votre interlocuteur.

“Moins communiquer, mais communiquer en étant sûr de ce que l’on dit et surtout en étant sûr que c’est bien compris.” -Pierre-Henri Chuet

Pour assurer la continuité de la communication, le debriefing est clé. Comme l’explique Pierre-Henri Chuet, cela permet de garder une relation avec l’autre et de se former en continu, toujours dans l’objectif de montée en compétence.

Que ce soit dans l’avion ou dans tout type de business, il existe 2 étapes du débriefing :

  • Le debriefing personnel : il part d’un constat personnel grâce à une auto analyse.
    Un exemple dans l’ère du temps : le télétravail. Pour atteindre les meilleures conditions en télétravail, il faut soi-même faire évoluer son processus et réfléchir à une constante amélioration de son setup et de ses méthodes de travail.
  • Le débriefing en équipe : permet de partager avec son équipe son ressenti sur soi-même, mais aussi sur les autres. L’objectif est de s’améliorer en continu et de toujours continuer à se réinventer, grâce à l’échange avec les autres.

Esprit d’équipe et motivation

Dans l’aviation civile, il est presque impossible d’être plusieurs fois avec le même équipage. Il faut ainsi être efficace et performer à chaque fois, avec une nouvelle équipe.

Malgré une équipe hétéroclite, l’objectif principal est commun : la sécurité des passagers. Cet objectif est rappelé lors du briefing, 45minutes avant le décollage :

“Le briefing permet de préchauffer le cerveau et de le préparer à l’action.” - Pierre-Henri Chuet

Autant que le débriefing, le briefing est primordial, notamment dans les moments de rush. Dans des moments compliqués, l’être humain se concentre sur le micro en oubliant la macro.

Ainsi, pour s’assurer que quand la charge augmente avec la précipitation et le stress, il n’y ait pas de doute sur pourquoi on est là et ce qu’on fait, le brief conditionne le cerveau.

Ce brief crée une cohésion globale, car à force de répéter l’objectif commun, une union entre l’équipe se créer et crée un alignement de valeurs.

Pour renforcer cette émulation de groupe, la confiance et le respect de l’autre garanti l’investissement de tout le monde. C’est un cercle vertueux qui donne à chacun l’envie de donner la meilleure version de soi-même. Connaître le travail de l’autre et comprendre les différents maillons d’une organisation donne une responsabilité commune afin de respecter et de ne pas détruire l’investissement entrepris.

Charlotte Vannereau

Content Manager @Workelo